La randonnée du Cerro Chato

cerro-chato-cover-ok(Read in English)

Le Cerro Chato (à droite du grand volcan Arenal sur la photo) est une des randonnées à ne pas manquer si vous allez au Costa Rica.

En bonus, 4 petits mantras pour la vie quotidienne. 

C’est mon day-off aujourd’hui. En tant que Ranger Papillon (aka: volontaire au Butterfly Conservatory), j’ai droit à 1 jour et demi de congé par semaine. J’ai prévu d’aller découvrir le Volcan Cerro Chato, tout proche du Volcan Arenal. Mes colocataires qui sont aussi mes collègues ont fait cette randonnée quelques semaines plus tôt et me l’ont vivement recommandée. 

Je quitte El Castillo vers 10h du matin, le sac au dos et le sourire aux lèvres. Je suis tellement contente à l’idée de faire cette rando toute seule. Je n’ai fait que quelques mètres quand une pluie drue s’abat sur moi. (Ceux qui me connaissent savent l’effet dévastateur que la pluie a sur moi…) Je tente le pouce sans trop y croire. Un pick-up s’arrête immédiatement. Ce n’est pas sur sa route, mais pas de problème. Il propose de me déposer directement à l’Arenal Observatory Lodge, l’hôtel point de départ de la randonnée. C’est parfait. Comme toujours ici. Les gens sont tellement gentils, je n’en reviens jamais.

# 1 : Faire confiance aux gens

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Je suis à l’arrivée les chemins fléchés par de “gros ongles” peints accrochés aux piquets des champs. Il continue de pleuvoir fort. J’atteins l’entrée du tronçon censé être “interdit”. Il est officiellement fermé au public. Des accidents ont été reportés et l’entretien du trail est en suspens. Mais qu’importe, tout le monde continue d’y aller. Je m’abrite quelques instants sous une cabane espérant que la pluie cesse. Un couple d’allemands termine justement leur descente. Ils sont crottés de boue et trempés. La fille a l’air hagarde et dépitée. Ils n’ont rien vu là-haut, à cause des nuages. Ils sont déçus du voyage.

J’entame la montée à mon tour. Je sens que rien ne peut saper mon enthousiasme de la journée. Je croise un autre couple. Cette fois ce sont des français qui redescendent complètement blasés. Ils tentent de me convaincre : ça ne vaut pas le coup d’aller au sommet. Je leur dis que je vais continuer, et espérer très fort que le soleil réapparaisse à un moment.

J’escalade avec entrain les racines géantes qui sillonnent la première partie du chemin. Je saute entre d’immenses crevasses. Des trainées de boue durcie en une géologie momentanée. Tout me plait: les canyons de terre, les lianes dans les arbres, les fougères préhistoriques. Quelques minutes à peine plus tard, le soleil apparait et éclaire la jungle de sa lumière bienveillante. Je remercie mon karma. Et le soleil. Je souris encore plus fort. Je n’arrive plus à m’arrêter de sourire et de penser à la chance que j’ai d’être ici, plongée dans la beauté.

# 2 : Suivre son énergie 

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Arrivée au sommet, le ciel se dégage juste assez pour me donner à voir le lac bleu-vert qui forme un miroir opaque au coeur du cratère, entouré d’une jungle verte, brumeuse et humide. Il n’y a aucun signe pour se repérer. Je prends le premier chemin que je trouve pour tenter de rejoindre le lac en contrebas. La jungle est dense, elle semble avoir été peu fréquentée…

Je m’enfonce dans un chemin de plus en plus étroit et une végétation de plus en plus feuillue. J’avance sans peur. Ma bonne étoile est avec moi. Le chemin qui descend dans le cratère du volcan est à pic. Les crevasses de boue se font encore plus profondes. J’évolue dans un décor naturel délirant et vertigineux. Il faut clairement utiliser ses 4 membres pour s’y déplacer. Je bondis tel un petit cabri frétillant, mais finis par penser que le chemin du retour va être vraiment sport. 

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J’arrive enfin au niveau de l’eau. Je longe le lac pendant un long moment, écartant les palmes immenses et enjambant les arbres tombés sur le chemin. J’entends des gens se baigner dans le lac. Après une bonne heure et demie, j’atteins une petite plage où se un groupe d’allemands admire le paysage. J’ai comme l’impression qu’ils n’ont pas pris le même “rallongi”* que moi… Oh well, ce n’est pas la destination mais la route qui compte, hein? 

(*rallongi est un mot que j’ai beaucoup employé enfant et que je continue de considérer comme un concept très important)

# 3: Faire des détours parce que c’est joli

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J’enfile mon maillot et me glisse dans l’eau blanche et laiteuse du lac qui se fond avec l’horizon. Mieux qu’une installation de James Turrel. Un coati (à mi chemin entre le raton-laveur et le fourmilier) peu farouche s’aventure près de nos affaires. Il compte bien voler de la nourriture dans nos sacs à dos. Après avoir chassé une famille entière de coatis, attirée par la nouvelle du festin potentiel, nous décidons de remonter.

J’apprends, sans surprise, qu’il y a un chemin beaucoup plus court pour remonter. J’ai juste choisi le “mauvais” des deux au sommet. C’est en effet beaucoup plus facile qu’à l’aller! Le bon côté de mon erreur c’est que je ne prendrai pas deux fois le même chemin. Parfait encore une fois. Nous faisons une partie du chemin de retour ensemble et termine seule, sautant entre les crevasses, les palmiers, les racines et la mousse. La pluie recommence à tomber pile au moment où je quitte le parking de l’hôtel. J’ai donc marché pendant 5 heures dans la jungle, grimpé des coulées de boue géantes, découvert un nouvel animal: le coati, et un nouvel arbre: l’eucalyptus arc-en-ciel (tellement beaux qu’on dirait qu’ils ont été peints par David Hockney.) Quelle journée !

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Une voiture s’arrête 5 minutes après. Je suis bénie des dieux de l’auto-stop. C’est une famille de locaux en vacances. Ils ne sont pas pressés, ils visitent. Ils vont m’emmener jusqu’à El Castillo car il n’est pas question de me laisser sous la pluie. Une fois de plus, je suis bouche bée devant tant de gentillesse, et essaie d’exprimer ma gratitude du mieux que je peux en espagnol. Je rentre à la fois exténuée et surexcitée par cette ballade aux milles couleurs et par cette succession d’heureuses coïncidences. Les astres et les voitures étaient décidément avec moi aujourd’hui !

# 4: Pura Vida

Plus:

-Mon expérience en tant que volontaire dans la région: « Des papillons pour régénérer la forêt tropicale »

-Mon article: « Mon voisin le volcan Arenal »

-L’expérience de Thelastadventurer’s sur sa randonnée au Cerro Chato

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